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Recette galetou
Le Galetou Limousin
Au XIX' siècle, les céréales jouent un rôle primordial sur les tables des campagnes.Si le froment et le seigle sont broyés pour fabriquer un pain rustique cuit dans les fours du village, on les utilise aussi pour faire des bouillies et de savoureuses galettes. Si on arrose le blé noir d'eau salée, on obtient une bouillie «l'échaudée» qu'on laissera mijoter sur la flamme, en la tournant jusqu'à ce quelle prenne consistance.Arrosé de lait tiède, on parle de pouls d'avoine. Ces deux bouillies sont utilisées tous les jours comme plat de résistance. Produit par toutes les familles, le blé noir va aussi permettre de préparer des galettes, bien différentes des galettes bretonnes, appelées « galetous » à Limoges et " tourtous » à Brive, en bas Limousin.À Limoges, on a coutume de dire: « boun galetom et bounas favas, garissen toutas las malaudias » (bonnes galettes et bonnes fèves, guérissent toutes les maladies). Ces crêpes s'obtiennent en délayant de la farine de sarrazin et un peu de levure dans de l'eau tiédie. Il suffit de battre à la main la pâte obtenue, jusqu'à l'obtention d'une pâte onctueuse que l'on va laisser reposer jusqu'au lendemain, près du foyer où aura lieu la cuisson. C'est dans une poêle sur pieds, aux bords plats (la platine), que vont cuire les galetous. Avant chaque cuisson, elle sera badigeonnée d'un mélange d'eau et de jaune d'œuf, à l'aide d'une baguette de coudrier (10 messou) garnie d'un morceau de toile blanche. Après quelques secondes, le galetou se soulève au milieu: on le retourne alors à l'aide d'une palette fine et ovale (10 paletta) . Le voilà cuit à point. Il peut alors être déposé sur un linge pour" s'effumer» et refroidir doucement. Ces gale tous remplacent avec bonheur le pain, rendent délectable une simple fricassée d'oignons, avec eux les ragoûts sont succulents et les sauces ont plus de saveur.Pendant les travaux des champs, on peut même les tremper dans du lait coupé d'eau. De nourriture du pauvre, ces galettes aujourd'hui ont acquis des lettres de noblesses et accompagnent souvent les apéritifs.(extrait du magazine folklore de france n°311)