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Les origines de la Chandeleur
Les origines de la Chandeleur demeurent disputées. Dans l'Empire Romain, il était d'usage, mi-février, de fêter les Lupercales. Cette période, riche en célébrations débridées (à l'image des Saturnales de la mi-décembre, qui auraient engendré Noël), se célébrait au Lupercal, une grotte située au pied du Palatin à Rome, en l'honneur de Faunus, divinité des troupeaux et de la fécondité. Or, le mois de février marquait, dans une société fondée sur l'agriculture, une période importante : celle des premières semailles.
La période correspond également, en Europe du nord, à l'ancien culte celte irlandais d'Imbolc. Les paysans célébraient alors la divinité de la fécondité en organisant des parades aux flambeaux. Pas sûr, néanmoins, que ces fêtes païennes aient directement engendré la fête que nous connaissons. Des réjouissances célébrant la présentation de Jésus au Temple, quarante jours après la veillée de Noël, sont signalées dans les textes au Proche-Orient dès le IVe siècle. Le pape Gélase aurait "officialisé" le rite un peu plus tard, l'étendant à l'ensemble de la chrétienté, qui n'était pas encore divisée (les églises catholiques, orthodoxes ou protestantes apparaitront bien plus tard). La fête aurait également été popularisée par l'empereur bizantin Justinien.
Chandeleur et présentation au Temple ?
Pour les chrétiens, le 2 février correspond à un épisode biblique : la Présentation de Jésus au Temple. Il est raconté par l'évangéliste Luc : "Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier né de sexe masculin sera consacré au Seigneur". Traditionnellement, le rite juif demandait aux parents d'un nouveau né de participer à une cérémonie de purification de la mère, quarante jours après l'accouchement. Dans la Bible, Marie et Joseph se présentent au Temple à Jérusalem (qui fut plus tard détruit par Rome) à ce moment précis et procèdent au sacrifice de deux colombes, selon les préceptes révélés par Moïse. Un homme sage nommé Syméon serait entré dans le Temple et aurait reconnu la "nature divine" dunouveau-né. L'homme aurait vu dans l'enfant la "lumière" qui éclairerait les païens. La scène de la présentation au Temple a servi de sujet à de nombreux peintres : Fra Bartolomeo, Hans Holbein, Philippe de Champaigne, Simon Vouet...
Chandeleur et tradition des crêpes
Chair dorée et forme de disque. Leur apparence ressemble à celle de la galette de l'Epiphanie. Selon la croyance populaire, les crêpes figurent le soleil. En ce début du mois de février, l'astre se lève de plus en plus tôt à l'est et se couche de plus en plus tard à l'ouest (la durée du jour s'allonge de 3 minutes par jour). La consommation de crêpes serait donc un hommage à la renaissance de la nature, au cycle de saisons et plus précisément au printemps qui s'annonce. Dans les campagnes, on disait aussi que la farine de l'année serait perdue si elle ne servait pas aux crêpes de la Chandeleur. La version qui prétend que le pape Gélase distribuait des crêpes aux pauvres romains semble apocryphe. De nombreuses traditions liées aux crêpes ont vu le jour, notamment en France. L'une d'elles consiste à tenir un louis d'or (ou plus communément, une pièce de monnaie) dans une main et à retourner une crêpe en la jetant en l'air depuis sa poêle. Une retombée élégante et non pliée de la pâte serait de bonne augure pour les finances du foyer. Par ailleurs, les plus supersticieux conserveront la première crêpe dans une armoire : là, elle aurait le don d'attirer la chance.