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L'histoire des naulets d'Anjou...
Les terres qui furent jadis celles du Roy René, figurent parmi celles où la fête de Noël a pris une figure régionale avec les symboles des activités et des métiers pratiqués dans la région. Déjà donc, ce bon Roy René avait ouvert une brèche vers la Provence dans les années 1434,où il était resté populaire pour son goût des arts. Quelques cinq cents ans plus tard, alors basé à Toulon, en pleine guerre, Paul Maudonnet se prit de passion pour les santons de Provence en s'engouffrant dans cette brèche et courant le pays pour les admirer.

En 1943, il apprit par une revue, qu'une exposition de santons de Provence se tenait à Paris, visible encore pour seulement 48 heures. Aussitôt, il sauta dans le train pour avoir le temps de la visiter. Il sortit de là avec une idée bien ancrée dans la tête, l'Anjou devait avoir ses santons bien a elle. Se mettant aussitôt au travail, et encouragé par Marc Leclerc, célèbre poète patoisant, Paul Maudonnet définit rapidement une dizaine de personnages.

La Provence, peut-être apparentée à l'Anjou, la différence de caractères présentée par nos figurines exigeait qu'elles fussent désignées particulièrement —Marc Leclerc en manifesta le désir dans un article paru dans « La vie Angevine »du 1er décembre 1944 — Les détails des costumes, furent trouvés auprès d'amoureux du folklore, au musée St Jean et à celui de Beaufort en vallée. A chacune de ces figurines fût donné un lieu d'origine et une profession.C'est ainsi que naquirent la mère Rideau des Ponts de Cé, le père Raisin de Thouarcé, le gars Béduneau de St Barthélémy, Marinette la fileuse de Morannes, Perrine, Jean et Jeannette, Justine.

Cette première édition réalisée en plâtre, faute d'autres matériaux, la guerre étant encore là, était peinte à la gouache, donnant de jolies couleurs vives, nécessitant quinze manipulations.

Ils s'appelaient alors les « Santonnets d'Anjou » et Paul Maudonnet avait même déposé ce nom au tribunal de commerce.

Certains de l'époque portent cette griffe gravée sous leur socle. Ils furent très remarqués lors d'une exposition au musée Pincée d'Angers le 16 décembre 1944. S'intéressant toujours à tout ce qui était publié sur Noël, Paul Maudonnet, à la bibliothèque municipale d'Angers, tombe sur un chant se terminant par « allons chanter Nau Nau - Naulet -Nau « (bible des Vieux Noëls angevins du Xllème siècle). Ce terme de Naulet le frappa, alors il rencontra Mr Chesnault, conservateur de musée et bien sûr le poète Marc Leclerc qui aussitôt donna son accord pour baptiser ces person­nages typiques de l'Anjou — Naulet voulant dire petit noël et Nau, noël en patois angevin (glossaire Verrier-Onillon, édition 1908, tome second, page53). Le succès incité leur créateur à ouvrir une boutique de céramique à l'enseigne « Aux Naulets d'Anjou », rue du Haras à Angers ; naquirent ensuite, dans des tons plus pastels : Bec Salé le pêcheur, Auguste le perreyeux et Hubeau le meunier.

Un autre poète patoisant, amoureux des Naulets, originaire du Vieil Anjou et pénétré aussi des choses du terroir, explique alors dans un recueil « J'émis le vœu que les naulets ne fussent pas seulement d'aimables joujoux pour orner les crèches de nos bambins, mais des adorateurs tous vivants ». Cet autre poète de l'Anjou était le très connu Charles Antoine, alias Mr André Allory. C'est ainsi qu'avec son ami, l'autre barde de la vallée, le non moins célèbre Emile Joulain, il eut l`'idée d'écrire une messe de Noël adaptée au pays angevin. Ils travaillèrent tous les deux quelques mois à l'élaboration de sept chants en patois, afin que le vieil Anjou renaisse. Emile Joulain rédigeant le chant d'entrée, restait à mettre en page la musique appropriée. Charles Antoine fit alors appel à Michel Guégnard excellent musicien, dynamique, aussi beau- frère de Mr et Mme Beldent alors présidents actifs du groupe folklorique « Les Plantagenêts » créé en 1931 et devenu Compagnie Marc-Leclerc à la mort du poète en 1946, ainsi qu'à Mr L. VEN-ERPS Compositeur délicat, bien angevin par sa mère, mais de père hollandais, pour allier en musique le folklore angevin à la célébration du Noël chrétien. La Compagnie Marc Leclerc eut donc l'honorable tâche de chanter la messe de minuit dans le parler naïf et franc de nos pères. La première eut lieu à Mazé en 1947 et ce fût en 1979, qu'à Martigné Briand, les Naulets de Paul Maudonnet s'animèrent réellement dans le costume propre à chacun de leur créateur à travers les membres de la Compagnie Marc Leclerc au cours de la messe de Noël, et il en est ainsi, chaque année dans une église différente, dans un coin du pays d'Anjou. La fabri­cation des Naulets cessa en 1970 pour s'interrompre une vingtaine d'années environ. Alors Paul Maudonnet confia ses moules et ses secrets aux potiers du Fuilet, après trois éditions. Souhaitons que les Naulets de Paul Maudonnet, s'animent et chantent encore, pour Tous les Noëls à venir. Biau Nouel.. .Nau, Nau

Raymond GASTE dit « Loulou »